Représentation de la mort pour l enfant

L'enfant ne fait pas toujours la distinction entre réalité et imagination. 
Il est à la fois très dépendant du monde des adultes, et en même temps tout puissant puisque les adultes répondent à tous ses besoins. 

Les idées des enfants sur la mort dépendent de l'âge :

La mort pour le tout-petit
Avant 4 ans, la mort n'est ni naturelle ni irréversible. Elle est une forme d'absence, de perte, qui peut devenir dramatique si le parent restant, en deuil, ne parvient plus à répondre aux besoins affectifs de l'enfant, à ses habitudes.

L'idée de la mort peut angoisser les jeunes enfants. Elle peut être vécue par certains comme contagieuse, l'enfant pensant que ce qui arrive aux autres peut lui arriver à lui-même.
 

La mort à partir de 3-4 ans
La mort est comprise comme la cessation des grandes fonctions : quand on est mort, on ne peut plus bouger, parler, manger. 
C'est pourquoi, chez les jeunes enfants, le sommeil est souvent assimilé à la mort.

La mort entre 4 et 8 ans
L'enfant comprend que la mort est irréversible.
Il lui faudra cependant des années avant de l'accepter. 

Ce que les enfants entendent (ou n'entendent pas) de la mort en famille, à l'école, est variable. 
En tout cas, elle s'affiche souvent à la télévision, et là ce n'est pas une mort habituelle, mais une mort terrible. 

L'âge, l'entourage, les événements vont influer sur les idées de la mort que se font les enfants. Leurs caractères aussi va compter ; les réactions peuvent être très différentes d'un enfant à l'autre, au sein d'une même famille. 

Pour en savoir plus :
La mort pour l'enfant 

October 10th, 2018 0
Psychologie en ligne - Enfant

Psychologie du développement


Selon un article intitulé Psychologie du développement : quoi de neuf depuis Piaget, paru en 2016 dans Les Grands dossiers des Sciences Humaines n°42 et écrit par Agnès Florin, les avancées ont été nombreuses au cours des dernières décennies en ce qui concerne la psychologie du développement.

Nous avons longtemps considéré les enfants comme des êtres immatures, des adultes inachevés et définis par leur incapacités plus que par leurs compétence. Cela supposerait que l'âge adulte, achèvement du parcours, était un état stable.
Or, ce n'est pas le cas puisque la personne évolue tout au long de la vie. 
La neuropsychologie nous a appris que les expériences cognitives, émotionnelles, sociales contribuent au développement du cerveau, via la plasticité cérébrale. En effet, les réseaux de neurones se développent ou disparaissent, tant dans la petite enfance que dans les étapes ultérieures de la vie.

Nous savons que le foetus possède des capacités perceptives avant que le cerveau soit complètement mature. 
Ces capacités perceptives se développent avant et après la naissance. Il y a d'abord le toucher (3ème mois de vie foetale), puis l'olfaction et la gustation (25e semaine), ensuite l'audition (28e semaine), et enfin la vision.

A partir de l'observation des bébés, nous comprenons mieux aujourd'hui les compétences cognitives, sociales et émotionnelles.
La permanence de l'objet (un objet continue à exister même s'il disparaît derrière un écran) apparaît vers 5 mois, bien plus tôt que ne le pensait Jean Piaget.
Vers 4 ou 5 mois, les bébés manifestent un début de connaissance du nombre et vers 6 ou 8 mois, ils peuvent distinguer les sons de toutes les langues.

Le nourrisson développe ce que le professeur de psychologie Philippe Rochat appelle : « le sens écologique de soi » : le sens du corps comme distinct du monde extérieur, situé par rapport aux autres objets.
Il commence à partager des expériences avec autrui : sourire social, alternance des tours de « parole », attentes sociales dans ses rapports aux autres et quelques fois anxiété envers des inconnus. Ce sont les premières étapes de la « conscience de soi » qui se manifeste véritablement lorsque, vers 18 mois, il reconnaît son image dans un miroir, puis manifeste un certain embarras devant celle-ci, prenant conscience de soi par rapport aux autres (« coconscience ») : il cache alors son visage ou se détourne comme s'il voulait disparaître du regard d'autrui.
Il commence à comprendre que son soi est aussi évalué par d'autres.

Dès la naissance, les bébés recherchent proximité et protection. Ce besoin d'attachement, défini par l'éthologue et psychanalyste John Bowlby, est une relation qui s'établit avec une personne capable de partager vos émotion. Lorsqu'elle est sécurisée, elle facilite l'accès à l'autonomie, la socialisation et l'engagement de l'enfant dans les tâches cognitives et langagières.

La notion de stade de développement tel que l'avait envisage Piaget est aujourd'hui remise en cause. En effet, nombres de compétences cognitives des bébés étaient ignorées au temps de Piaget, et le développement pendant l'enfance et l'adolescence n'est pas linéaires. Le développement avance de façon plutôt « biscornue », selon le terme d'Olivier Houdé, ou comme des « vagues qui se chevauchent », selon Robert Siegler, les vagues désignant les stratégies cognitives ou les façons de penser.

Les enfants ont changé, avec les évolutions de la société, de leurs conditions de vie et des technologies, et le regard que les chercheurs portent sur eux avec de nouvelles méthodologie. La psychologie doit les aider à grandir et à développer leurs compétences pour demain, tout autant qu'à les protéger et mieux assurer leur qualité de vie. Pour cela, elle doit alimenter une formation actualisée des professionnels de l'enfance et de l'éducation.
August 29th, 2016 0
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La métamorphose adolescente


Un article paru dans Les Grands Dossiers des Sciences Humaines n°39 et écrit par Anne-Claire Thérisols aborde la métamorphose adolescente.

L’'adolescent est celui qui commencerait sa mue, aurait perdu sa carapace et n'aurait pas encore fabriqué sa nouvelle cuirasse, avec pour conséquence de tantôt se replier sur lui-même pour se protéger, tantôt attaquer, toutes pinces dehors. C’est ainsi que Françoise Dolto a utilisé la métaphore du homard pour décrire le passage de l’'adolescence.

Selon Philippe Jeammet, le processus physique mais aussi identitaire qui se met en route, entraîne une opposition au modèle parental, parfois à grand renfort de provocations.

Depuis les années 1970, l’'autorité parentale conjointe a remplacé la puissance paternelle. Elle n’'est plus un droit absolu et illimité puisqu'’elle s’'arrête là où commencent les droits de l’'enfant reconnus depuis 1989. La prise en compte des émotions, la possibilité de les exprimer, le droit à revendiquer ses goûts et sa personnalité ont transformé les relations entre parents et ados. La révolte tapageuse n’'est plus systématique, au point que nombre de parents s’inquiètent de ne pas voir venir la crise tant redoutée !

Si la crise d’'adolescence rime toujours avec transformation, elle n'’est plus corrélée au mal-être. Selon une enquête de l‘'Insee publiée en mars 2015, 10 à 15% des adolescents sont en réelle souffrance. La majorité ne va donc pas si mal et même plutôt bien.
Le plus intéressant réside dans les ressentis contradictoires entre les ados eux-mêmes et la manière dont leurs parents les perçoivent. Les parents seraient plutôt inquiets tandis que les ados seraient plutôt confiants !

Pourquoi les parents sont-ils si inquiets et parfois désemparés quant à l’'éducation de leurs ados ?
Etre parent d’'ado, aujourd’'hui comme hier, c’'est accepter de ne pas tout contrôler tout en restant un rempart aux dérives, en assumant aussi son « devoir d’esprit », tel que le qualifie Philippe Jeammet. Un rôle difficile à tenir à l’'heure où les certitudes quant à l’'avenir s’'effondrent et où en même temps l'’injonction au bonheur n’'a jamais été aussi présente. « Nous vivons une époque où l'’on veut absolument se faire aimer de ses enfants. Or, à l’'adolescence, il faut prendre de la distance, oublier cette envie d'’être aimé de ses enfants. Les générations précédentes n’'avaient pas du tout cette préoccupation. Nous sommes là face à un véritable changement anthropologique. »



December 21st, 2015 0
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L'attachement

Loin de constituer un obstacle à l’autonomie, l’'attachement de l’'enfant à ses parents et à ses proches en est au contraire la condition.

La théorie de l’attachement est née en 1958. Elle illustre cette subtilité de nos comportements qui va permettre à l’'individu d'’utiliser les autres pour prendre son propre envol, s’'aider du connu pour s’'ouvrir à l’'inconnu, s’appuyer sur le passé pour embrasser l'’avenir.

J. Bowlby suggère que l’'attachement aux parents sert deux fonctions adaptatives : la protection et la socialisation.
S'il a pu faire l'expérience d'une certaine sécurité dans la relation avec ses parents (comme la certitude que la relation va persister au-delà de la séparation), l'enfant se sentira plus libre de partir découvrir le monde physique et social, explorer et établir de nouvelles relations. 

Mary Ainsworth, a décrit le fonctionnement de cette « base de sécurité » fournie par les parents à l'aide d'une situation d'observation : la « situation étrange ».

Si vous voulez en savoir plus sur les différents styles d'’attachement (attachement sécurisé, anxieux-évitant, anxieux-résistant, désorganisé), sur les implications sur le devenir de l’enfant, sur l’importance du lieu d’accueil pour les jeunes enfants, etc…, je vous conseille de lire cet article :

l'attachement, source d'autonomie

November 5th, 2014 0
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