Les conduites à risque chez les adolescents

Selon le Petit Larousse de la Psychologie dirigé par Michel Guillemot et Bethsabée Blumel, 10 à 20 % des jeunes ont recours à des conduites à risque pour exprimer leur souffrance. Ces conduites à risques sont généralement autodestructrices  et altèrent les potentialités évolutives.

Les limites de l'adolescence et de la postadolescence sont floues. En effet, avec le prolongement de la scolarité, les difficultés pour entrer dans la vie professionnelle mais aussi une tendance à retarder l'établissement d'un lien conjugal, l'évolution sociale actuelle conduite à différer la fin de l'adolescence.

Lors de l'adolescence, on constate que l'"agir" est une façon privilégiée de témoigner, d'exprimer ses angoisses et ses conflits internes. Lorsque nous parlons de conduites à risque , nous désignons également une tendance au passage à l'acte, celui-ci étant le plus souvent violent, impulsif et parfois délictueux : vol, agression, abus d'alcool ou de drogue, fugue, acte impulsif automutilateur, etc...

Les conduites à risque se déclinent sur le mode de l'affrontement qu'il soit intime, familial ou sociétal.

L'affrontement intime
L'adolescent en situation de crise intime et donc de souffrance morale retourne souvent d'abord contre lui sa détresse, au cours d'un processus pour partie inconscient, que l'on peut rapprocher de l'ordalie.
Cette mise en danger volontaire de soi-même doit être comprise comme un "affrontement symbolique à la mort".
C'est une réponse individuelle à une souffrance individuelle qui intervient quand aucune autre issue ne semble se profiler à l'horizon.

L'affrontement familial
Certains contextes favorisent les conduites à risque. Un environnement trop brutalement permissif accordant une indépendance , une autonomie sans contrôle, sans accompagnement favorise les passages à l'acte. Un des modes d'expression de la rupture chez l'adolescent est la fugue.
Tout démarche, plus ou moins consciente, visant à s'écarter de ses repères, est une sorte de fugue. Nous pouvons penser au désinvestissement scolaire.

L'affrontement sociétal
Une composante anxieuse forte, un décalage entre les transformations corporelles et les acquisition langagières poussent parfois l'adolescent à exprimer par le geste ce qu'il ne peut pas dire avec les mots. Dans la visée autodestructrice  qui nous intéresse, c'est la prise de marque par rapport à la loi qui permet de forger une part de l'identité de l'adolescent.

Pour finir, il convient d'attirer l'attention sur le fait que si les conduites à risque se banalisent et se répètent, elles appellent des réponses thérapeutiques appropriées.














September 2nd, 2020 Sophie Denoyer
Psychologue en ligne - Psychologie