Le départ des enfant du domicile familial

Environ 35% des parents, en majorité des mères, souffrent de ce qu'on appelle "le syndrome du nid vide". 
Il s'agit d'une forme de dépression qui se traduit par un sentiment d'abandon et de vide quand les enfants quittent le domicile familial.

Comment appréhender cette période délicate ? 

La psychologue clinicienne Béatrice Copper-Royer, auteur du livre Le jour où les enfants s'en vont (Albin Michel) apporte quelques éléments de réponse.

Le départ des enfants du domicile familial est une étape clé dans la vie de parents.
En effet, c'est un moment fort car la fonction parentale, notamment maternelle, prend un coup dans l'aile. La mission de protection des enfants s'arrête. C'est un renoncement qu'il ne faut pas minimiser. 
Il est important d'avoir très tôt en tête que nos enfants auront un jour une vie sans nous. Ils ne nous appartiennent pas. 
Notre mission est de les construire afin qu'ils réussissent à vivre loin de nous. 
Afin d'anticiper leur départ, il est important de maintenir, quand ils sont encore à la maison, une vie en dehors d'eux,  et de ne pas mettre sa propre vie en veilleuse. 

Il faut savoir que notre réaction et notre manière de vivre ce déchirement dépendent en grande partie de la manière dont nous avons nous-mêmes vécu notre propre histoire avec nos parents. 

Ce départ est en général plus difficile à vivre pour les mères mais cela dépend surtout des situations personnelles et de quelle femme est la mère. Par exemple, si elle a bien investi sa vie affective, ce sera évidemment moins dur que si elle est seule. 
Plus les enfants sont un refuge affectif fort, plus leur départ est douloureux et complexe.

Le départ des enfants  signifie souvent un retour à la vie de couple pour les parents et cela change complètement la donne au quotidien. Leur départ oblige à se poser des questions sur soi, à faire le point sur sa propre vie pour savoir où l'on en est. 
Et beaucoup de choses se jouent à ce moment-là : peur de la solitude, angoisse du vieillissement, etc....

Mais, le départ des enfants n'est pas seulement une perte. Les parents gagnent tout d'abord en liberté et en temps. 
Les parents n'ont plus qu'à s'occuper d'eux-mêmes, c'est une sensation oubliée. 
Par ailleurs, une nouvelle relation va se tisser avec les enfants devenus de jeunes adultes. Et c'est très enrichissant.

Pour en savoir : 

June 28th, 2017 0
Psychologue en ligne - Famille

Relation parent enfant en crise

La relation parent/enfant a évolué.
Cette relation traverse une crise pouvant se figer en incompréhension et ainsi faire souffrir parents et enfants. 

En effet, le rejet du parent est un processus classique du développement psychique de l'enfant. Cependant, l'expression par le parent de la douleur associée est beaucoup plus récente.
Ainsi, de plus en plus de parents sont en demande d'aide quand leurs enfants les "rejettent".

Quelques éléments d'explication :
Aujourd'hui, la famille fragilisée par les divorces et les séparations a modelé de nouveaux modes de rapports entre les parents et les enfants.  Ainsi, les parents vont demander à leurs enfants de leur témoigner l'amour dont ils manquent dans leurs rapports quotidiens.
La séparation des rôles et responsabilités vole en éclats. 

Avant l'adolescence, l'enfant s'accommode de cette situation qu'il interprète comme une preuve d'amour parental.
Quand l'adolescent découvre l'étendue de la palette des relations qui s'offre à lui et qu'il se construit un nouvel environnement affectif, il rejette cette proximité devenue encombrante car associée à l'enfance. 
Les parents, surpris de ce changement brutal d'attitude, peinent à comprendre les enjeux de cette crise. 

Que faire ?
L'amélioration de la situation ne peut venir que d'un réajustement des places de chacun. Ainsi, il est important de reconnaître le droit de l'adolescent à son intimité affective et corporelle. Il a grandi et dispose à présent d'une vie psychique différenciée de celle de ses parents et des autres adultes. 

Pour en savoir plus : 
vivre sans l'amour de son enfant ? 

June 21st, 2017 0
Psychologue en ligne - Famille

L influence du rang de naissance


Quelle que soit l'époque considérée, les naissances sont toujours le fruit de projections, d'espoirs voire même de nécessité(s), etc...

Les publications concernant l'influence des rangs de naissance sont nombreuses. 

D'une façon globale, il semble qu'un consensus se dégage

- L'aîné est le premier des enfants du couple mais aussi l'unique jusqu'à une éventuelle autre naissance. 
Durant toute cette période, il est donc le plus souvent choyé et il est aussi le seul réceptacle aux projections parentales. 
Lorsqu'un autre enfant arrive dans la fratrie, l'aîné est souvent en charge de monter l'exemple, de prendre des responsabilités, etc...

- L'enfant du « milieu » n'est ni le premier, ni le dernier. Il n'a donc pas de place unique, sa place variant en fonction des autres naissances. 
L'enfant « du milieu » serait donc en peine de trouver sa place : parfois catalogué « petit » il peut aussi facilement basculer du côté « des grands »

- Quant au cadet, il est souvent considéré comme « le chouchou » du point de vue des aînés.
Il bénéficierait des batailles d'autonomie et de liberté gagnées par ses frères et soeurs avant lui. 
Il est aussi celui qui dispose de modèles à suivre ou à ne pas suivre, mais quoiqu'il en soit, il sera comparé de façon bienveillante ou non, aux expériences vécues par ses prédécesseurs. 


Il existe de nombreux travaux entourant la question des rangs de naissance et de leurs répercussions. 
Certaines de ces études relèvent de la psychologie mais un point de vue historique et sociologique est également riche d'enseignements. 

Un élément commun à ces différentes approches est celui entourant le positionnement des parents : qu'il s'agisse d'attentes culturelles conscientes et verbalisées ou de projections inconscientes, toutes ont un lien avec les conduites parentales associées aux rangs de naissance de leurs enfants. 

Pour en savoir plus : 
syndrome du petit dernier ? 


June 21st, 2017 0
Psychologue en ligne - Famille

Stéréotypes de genre et pleurs des bébés


Comment percevons-vous les pleurs des bébés ?
Les percevons-nous différemment si nous avons qu'il agit d'une fille ou d'un garçon ?

Est-ce que les bébés filles ont la voix plus aiguë que les bébés garçons ? 
Non. Cependant c'est comme cela que nous le percevons.

En effet, selon Nicolas Mathevon et ses collègues de l'Université de Saint-Étienne, nous interprétons sans le savoir les pleurs des bébés sous l'influence de stéréotypes de genre ! Alors qu'il n'existe pas de différence concernant les pleurs des bébés filles et ceux des bébés garçons.
C'est ce que ces chercheurs ont démontrés à la suite d'une série d'expériences.

David Reby de l'Université du Sussex, co-auteur de l'étude explique que ce qu'il y a d'intéressant dans cette étude, c'est que même si nous avons dit aux participants qu'il n'y avait aucune différence entre les sexes dans l'acoustique des cris des bébés, ils ont tendance à leur attribuer une féminité ou une masculinité.

Autrement dit, nous avons tendance à généraliser le fait qu'une voix masculine est plutôt grave et qu'une voix de femme est plutôt aiguë et à l'appliquer aux enfants. 
Ce cliché ainsi que d'autres préjugés comme habiller les filles en rose ou les garçons en bleu ; les encourager à participer à des activités dites féminines ou masculines, etc... pourrait avoir des implications sur le bien être des nourrissons et le développement de leur identité de genre. 

Pour en savoir plus : 

August 30th, 2016 0
Psychologue en ligne - Psychologie

Psychologie du développement


Selon un article intitulé Psychologie du développement : quoi de neuf depuis Piaget, paru en 2016 dans Les Grands dossiers des Sciences Humaines n°42 et écrit par Agnès Florin, les avancées ont été nombreuses au cours des dernières décennies en ce qui concerne la psychologie du développement.

Nous avons longtemps considéré les enfants comme des êtres immatures, des adultes inachevés et définis par leur incapacités plus que par leurs compétence. Cela supposerait que l'âge adulte, achèvement du parcours, était un état stable.
Or, ce n'est pas le cas puisque la personne évolue tout au long de la vie. 
La neuropsychologie nous a appris que les expériences cognitives, émotionnelles, sociales contribuent au développement du cerveau, via la plasticité cérébrale. En effet, les réseaux de neurones se développent ou disparaissent, tant dans la petite enfance que dans les étapes ultérieures de la vie.

Nous savons que le foetus possède des capacités perceptives avant que le cerveau soit complètement mature. 
Ces capacités perceptives se développent avant et après la naissance. Il y a d'abord le toucher (3ème mois de vie foetale), puis l'olfaction et la gustation (25e semaine), ensuite l'audition (28e semaine), et enfin la vision.

A partir de l'observation des bébés, nous comprenons mieux aujourd'hui les compétences cognitives, sociales et émotionnelles.
La permanence de l'objet (un objet continue à exister même s'il disparaît derrière un écran) apparaît vers 5 mois, bien plus tôt que ne le pensait Jean Piaget.
Vers 4 ou 5 mois, les bébés manifestent un début de connaissance du nombre et vers 6 ou 8 mois, ils peuvent distinguer les sons de toutes les langues.

Le nourrisson développe ce que le professeur de psychologie Philippe Rochat appelle : « le sens écologique de soi » : le sens du corps comme distinct du monde extérieur, situé par rapport aux autres objets.
Il commence à partager des expériences avec autrui : sourire social, alternance des tours de « parole », attentes sociales dans ses rapports aux autres et quelques fois anxiété envers des inconnus. Ce sont les premières étapes de la « conscience de soi » qui se manifeste véritablement lorsque, vers 18 mois, il reconnaît son image dans un miroir, puis manifeste un certain embarras devant celle-ci, prenant conscience de soi par rapport aux autres (« coconscience ») : il cache alors son visage ou se détourne comme s'il voulait disparaître du regard d'autrui.
Il commence à comprendre que son soi est aussi évalué par d'autres.

Dès la naissance, les bébés recherchent proximité et protection. Ce besoin d'attachement, défini par l'éthologue et psychanalyste John Bowlby, est une relation qui s'établit avec une personne capable de partager vos émotion. Lorsqu'elle est sécurisée, elle facilite l'accès à l'autonomie, la socialisation et l'engagement de l'enfant dans les tâches cognitives et langagières.

La notion de stade de développement tel que l'avait envisage Piaget est aujourd'hui remise en cause. En effet, nombres de compétences cognitives des bébés étaient ignorées au temps de Piaget, et le développement pendant l'enfance et l'adolescence n'est pas linéaires. Le développement avance de façon plutôt « biscornue », selon le terme d'Olivier Houdé, ou comme des « vagues qui se chevauchent », selon Robert Siegler, les vagues désignant les stratégies cognitives ou les façons de penser.

Les enfants ont changé, avec les évolutions de la société, de leurs conditions de vie et des technologies, et le regard que les chercheurs portent sur eux avec de nouvelles méthodologie. La psychologie doit les aider à grandir et à développer leurs compétences pour demain, tout autant qu'à les protéger et mieux assurer leur qualité de vie. Pour cela, elle doit alimenter une formation actualisée des professionnels de l'enfance et de l'éducation.
August 29th, 2016 0
Psychologie en ligne - Enfant

La reconversion professionnelle

Un français sur trois songerait à une reconversion professionnelle

Voici quelques conseils afin de réussir sa reconversion professionnelle :

Amorcez un bilan
En premier lieu, une reconversion professionnelle réussie commence par une remise en question de sa vie professionnelle et personnelle. Pour cela, il faut effectuer un travail de tri : qu'est ce qui convient et ne convient plus ? 
Ensuite, il faut écarter les considérations trop abstraites et lister les conditions concrètes qui permettrait de s'épanouir dans une nouvelle vie
Pour finir, il faut intégrer un projet de changement dans une réflexion plus globale sur sa vie, en considérant l'équilibre entre vie de famille et vie professionnelle, de manière à trouver une cohérence globale. 

Identifiez le job de ses rêves
Le bilan de compétences peut dans un premier temps apporter un éclairage. 
Mais discuter avec des professionnels exerçant un métier qui nous inspire permet une approche plus concrète

Ne se fermer aucune porte
Il s'agit d'explorer les changements de cap qui séduisent en excluant aucune piste, même les plus farfelues. 
Pour effectuer des recherches, des vidéos et fiches de sites comme lesmetiers.net , blogdesmetiers.com ou citedesmetiers.fr peuvent aider.

Evaluer vos capacités
Pour chaque envie identifiée, il est important de préciser quelles seraient les difficultés et les capacités à les surmonter. 

Échanger avec les proches
Engager un dialogue avec votre entourage va permettre de positionner un désir de changer de métier dans un contexte de projet familial, mais aussi de verbaliser un désir fantasmé. « Ces échanges sont pertinents dans la mesure où ils vous aident à formuler les bonnes questions. Les réponses doivent, elles, venir de vous », insiste Yves Deloison, journaliste , spécialiste des questions liées au changement et auteur, notamment, de Changer de job, la méthode pour réussir (Héliopoles) et du blog Toutpourchanger.com.

Explorer toutes les faces de votre projet
« Considérez votre projet comme un dé à six faces, l'une d'elles restant invisible », résume Jérôme Frizzera-Mogli. Cela signifie qu'entre ce que l'on a imaginé et ce qui se produit, il y a toujours une part d'imprévisible. Ainsi, il faut sortir de l'idéalisation en interrogeant des professionnels du secteur convoité sur les contraintes et difficultés rencontrées, et sur la manière dont ils les ont affrontées.

Testez votre envie
Il s'agit d'expérimenter dès maintenant la vie dont vous rêvez : inscrivez-vous à des stages amateurs, à des groupes de discussion, à des tchats sur des forums. Vous pouvez aussi visiter des salons pour sonder votre enthousiasme, votre intérêt et vos capacités. 

Donnez corps à votre projet
Passez à l'action en sept étapes :
Faire une étude de marché
Rédiger un business plan
 Tester la viabilité de votre projet
 Faire naître votre boîte
 Se faire épauler
 Tisser du lien 
 Solliciter des aides financières :

Pour en savoir plus :

August 29th, 2016 0
Psychologue en ligne - Travail

La peur des araignées


L'arachnophobie correspond à la phobie des araignées.

Cette phobie peut se révéler réellement handicapante au quotidien et peut entraîner des réactions démesurées. 
En effet, la psychologue et psychothérapeute Manuela Tomba explique que la phobie est une peur excessive et incontrôlable. La peur est une réponse adaptée à un stimulus donné alors que la phobie est une réaction démesurée face à un élément anodin. Il s'agit d'un dérèglement du mécanisme de la peur.

La question de l'origine de cette phobie est complexe. 
Selon Manuela Tomba, nous ne savons pas exactement comment naissent les phobies.
Dans le cas de la phobie des animaux, il y a une part qui relève d'une peur ancestrale. Il semblerait que avons garder la mémoire d'un temps où il était dangereux de s'exposer à une araignée, parce que nous risquons d'en mourir. Pour protéger l'espèce, nous aurions gardé en nous cette peur depuis des siècles. 
Mais il y a aussi une dimension biologique. D'après certaines études, la peur pourrait être transmissible. 
Et, il y a surtout des facteurs environnementaux et éducatifs, qui véhiculent des informations anxiogènes.  

Selon Christine Rollard, enseignante chercheuse au Muséum national d'histoire naturelle et spécialiste des araignées, c'est cette la dimension culturelle qui prévaut.
Le rôle de l'éducation est primordial, que ce soit à la maison ou à l'école. 

Pour en savoir plus : 


August 17th, 2016 0
Psychologue en ligne - Psychologie en ligne

Trouver le bon rythme au travail


Selon un article intitulé Travail, trouver son rythme et l'imposer, paru en novembre 2015 dans le magazine Sciences Humaines n°275 et écrit par Jean-François Dortier, nous allons voir comment trouver le bon tempo au travail.

Des experts chronobiologistes, sociologues, psychologues, consultants en appellent à un nouvel art du temps fondé sur la bonne gestion de ses rythmes de travail.

Il faudrait « ordonner le temps » pour retrouver ses marques, trouver son rythme, le respecter et le faire respecter.


Voici quelques règles simples :

- Séquencer ses activités
Il s'agit de découper son temps en séances courtes. 
Cela suppose de sanctuariser un lieu calme et de s'y isoler afin de pouvoir s'adonner à une activité qui exige de la concentration de l'attention. Mais il faut aussi apprendre à fermer sa porte, mettre son téléphone en mode silencieux et ne pas consulter ses mails trop souvent.

- Se fixer des objectifs précis et mesurables 
Il s'agit se fixer des objectifs limités pour un temps donné
Mais bien des projets sur lesquels nous travaillons sont fait de tâches longues et complexes d'où  nous mesurons mal l'investissement. 
La loi d'Hofstadter affirme que « c'est toujours plus long que prévu ». Ainsi, il est nécessaire de découper les grands projets en petites tâches  précises et limitées et d'appliquer à chaque séquence de travail un objectif mesurable.

- Respecter une alternance travail-repos 
Combien de temps doivent durer les séances de travail ? 
Selon une étude réalisée récemment en Lettonie, la règle d'or du ratio travail/repos serait de 52 minutes de travail pour 17 minutes de pause. Ceci est une moyenne obtenue auprès d'un échantillon de salariés. La loi des 52/17 n'est que l'une des nombreuses versions des démarches de planification d'activités fondées sur l'usage des minuteurs.
Cependant, ce type de rythme s'accorde mal tant à l'organisation du travail actuelle qu'aux penchants de l'esprit humain à la distraction. 
Plutôt que de vouloir à tout prix s'imposer une règle trop exigeante, il est plus judicieux d'apprendre à « apprivoiser son attention », c'est à dire la ramener vers son objectif initial quand elle a été distraite

- Faire respecter ses rythmes de travail
Cet effort d'autodiscipline ne suffit pas. La maîtrise du temps et le respect des rythmes de travail dépendent de normes et règles collectives. Cependant, très peu d'entreprises en d'administrations ont fixé des normes et codes de bonnes conduites en la matière. A l'heure où la qualité de vie au travail est mise en avant comme un impératif managériale, voilà pourquoi un beau chantier à mettre en place...
April 28th, 2016 0
Psychologue en ligne - Travail