Selon le site internet : les troubles bipolaires, plusieurs hypothèses ont été proposées concernant cette maladie.
Rôle des événements de vie stressants
Nous pouvons mettre en relation le déclenchement initial de la maladie bipolaire ou celui des récidives avec des évènements de vie stressants : perte d’un proche, déménagement, changement d’emploi, décalages horaires...
Les événements de vie stressants pourraient avoir un impact croissant au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, c’'est ce qu’on appelle la théorie de l’'embrasement empruntée à l’'épilepsie : au fil du temps des événements de moindre importance déclencheraient les épisodes de plus en plus facilement jusqu’'à ce que ces épisodes se déclenchent spontanément.
Hypothèse cognitivo-comportementale
Les théories comportementalistes et cognitivistes ont permis d'’identifier un certain nombre de « dysfonctionnements du traitement des pensées » par les sujets, à l’'origine de diverses difficultés psychiques.
Dans l’'approche cognitiviste, les événements de vie peuvent être lus comme une menace dépressive chez les sujets présentant une faible estime de soi, menant aux idées de mégalomanie et finalement à la manie qui serait une forme de défense face à la dépression. Manie et dépression seraient donc deux états cognitivement proches.
Dans la maladie bipolaire, si ces théories ne permettent pas d’expliquer l’ensemble des troubles, elles ont tout de même permis de mettre en évidence un certain nombre de « dysfonctionnements » cognitifs, à l’origine d’une mauvaise observance médicamenteuse, de difficultés à reconnaître précocement les fluctuations de l'humeur et à gérer stress personnels et environnementaux…
Hypothèse neuro-développementale
La découverte de très discrètes perturbations neurologiques chez certains patients (mises en évidence rétrospectivement dès l’enfance), celle d’anomalies cérébrales minimes lors d’examens d’imagerie cérébrale et d’autres anomalies électrophysiologiques ont conduit à développer l’hypothèse d’une vulnérabilité neurologique qui existerait dès les phases précoces du développement, fruit de l’hérédité ou d’anomalies du développement neurologique (imputables, par exemple, à des incidents minimes survenus pendant la grossesse).
Cette vulnérabilité ne suffirait pas à causer la maladie bipolaire elle-même, mais pourrait fragiliser le sujet concerné et le rendre ultérieurement plus sensible à d’autres facteurs de risque.
Hypothèse neurobiologique
L'efficacité du lithium et des autres thérapeutiques médicamenteuses dans la maladie bipolaire laisse penser que des anomalies chimiques au niveau des neurotransmetteurs intracérébraux pourraient être associées au trouble, ce qui est corroboré par un certain nombre d’études effectuées chez l’animal et chez l’homme.
Hypothèse neuro-endocrinienne
Une augmentation de la sécrétion de cortisol a été évoquée dans certaines dépressions périodiques.
Par ailleurs on décrit des troubles psychiques d'allure soit maniaque soit dépressive lors des corticothérapies (traitement par cortisol et autres produits proches proposé par exemple dans certaines maladies allergiques). Ces anomalies non spécifiques ne sont pas présentes chez tous les patients mais pourraient dans certains cas participer au développement de cette maladie.
Hypothèse génétique
Tous les travaux scientifiques concordent pour constater que certaines familles sont plus marquées par la bipolarité que d’autres, et que cette fragilité particulière ne peut pas entièrement s’expliquer par les conditions partagées en termes d’éducation, de culture ou d’histoire familiale.
Il est admis que plusieurs gènes de vulnérabilité interviennent et l’on parle de maladie « à héritabilité complexe ».
Hypothèse psychanalytique
Il serait bien ardu et terriblement réducteur de résumer en quelques lignes les théories psychanalytiques des troubles bipolaires.
Freud le premier les a énoncées et formalisées dans « Deuil et mélancolie » en 1915, comparant les mécanismes de la mélancolie à ceux du deuil et considérant la manie comme le négatif de la mélancolie.
Plus tard Karl Abraham (« Les états maniaco-dépressifs », 1924), Mélanie Klein (« Contribution à l’étude de la psychogenèse des états maniaco-dépressifs », 1934), Paul Claude Racamier ("Dépression, deuil et alentour",1985) et bien d’autres encore ont contribué à développer ces théories.
Celles-ci ne s’opposent pas aux hypothèses d'’inspiration « biologique » : elles abordent des questions similaires mais à un niveau différent d’'observation et d’'explication.
Du reste Freud lui-même, neurologue de formation, est toujours resté dans l’espoir que l’on mettrait un jour en évidence les fondements « biologiques » de ses propres théories.
Pour en savoir plus : les causes de la maladie bipolaire