Le cerveau - Apprentissage et développement

Apprentissage

Le bébé vient au monde armé d’une fantastique machine à apprendre : le cerveau.

Il apprend par essais-erreurs, en testant concrètement et systématiquement les limites des régularités observées dans son environnement.

Ces premiers apprentissage laissent des traces dans son cerveau en créant de nouvelles connexions, et/ou en renforçant les connexions existantes entre les neurones des régions qui doivent travailler ensemble.
Ces apprentissages sont donc sous-tendus par des mécanismes de plasticité cérébrale qui entraînent des transformations dans les réseaux de neurones activés, dans les fibres nerveuses qui relient les différentes aires cérébrales, et dans le cortex, dont l’épaisseur augmente sous l’effet de la multiplication des connexions.

Au-delà de ces apprentissages, le cerveau humain doit également acquérir des outils culturels comme la lecture et l’écriture.

Développement du cerveau

Les premiers neurones se forment dès le 28ème jour de grossesse. Le cerveau va alors se développer très rapidement puisque 3000 nouveaux neurones sont construits chaque seconde. Jusqu’à la fin de la grossesse, la cellule « mère » initiale produit plus de 100 milliards de cellules nerveuses, et un cerveau donc le poids atteint environ 400 gramme à la naissance.
Les connections entre les neurones vont ensuite s’établir, jusqu’à un million par seconde : ce vaste réseau continue à se développer bien après la naissance, jusqu’à la puberté

La croissance la plus spectaculaire du cerveau s’observe dans l’utérus mais il continue d’évoluer tout au long de la vie. Il est comme un muscle  qui se nourrit du changement mais qui s’atrophie si l’on ne s’en sert pas. 

Les  zones sous corticales, sièges des émotions et des sensations du système de récompense et du plaisir se développent les premières. Les régions du cortex préfrontal, associées à des fonctions cognitives dites supérieurs comme le raisonnement rationnel vont ensuite se développer. Les zones sous-tendant les fonctions exécutives ou de contrôle du comportement atteignent leur maturité à l’âge de 30 ans.

Nous observons par ailleurs, dans le cerveau des adolescents, une diminution de la matière grise et une augmentation de la matière blanche, appelée aussi myéline. Ce changement de la structure corticale est associé aux progrès des fonctions cognitives : amélioration du langage, de la lecture, et de la formation des souvenirs.

A l’âge adulte, la spécialisation des lobes corticaux est définitivement achevée. Le cortex préfrontal permet de prendre des responsabilités, de planifier et de définir des priorités. Les zones allant du tronc cérébral aux circuits limbiques sont très développées et fortement connectées au cortex préfrontal permettant un meilleur contrôle des émotions. Certaines compétences comme la reconnaissance des émotions, la compréhension du vocabulaire, mais aussi la régulation du stress semblent atteindre leur sommet entre 45 et 50 ans.

La plasticité cognitive, même si elle est plus réduite chez la personne âgée, reste intacte jusqu’à la fin de la vie.

Source :
- Borst G., (2019). Comment le cerveau apprend-il ? Sciences Humaines, 310, 44-45- Montel S., (2019). Le cerveau se développe-t-il toute la vie ? Sciences Humaines, 310,  46-47