Les petites crises du couple



Selon un article intitulé "Tu m'agaces" Les petites crises du couple, paru en décembre 2015 dans le magazine Sciences Humaines n°276 et écrit par Jean-Claude Kaufmann, vivre à deux est une découverte des étrangetés de l'autre.

Bien que le couple reconstruit le monde et se forge une culture commune, chaque individu inscrit également sa réalité d'être dans des profondeurs non conscientes, dans un inconscient du quotidien qui mémorise tous nos automatismes.

Redécouvrir l'incompréhensible différence du partenaire est à chaque fois une surprise, un choc émotionnel désagréable. Les agacements explosent spécialement là où les intimités se rapprochent : dans la voiture, dans la salle de bain, autour des repas,...

L'agacement (émotion qui éloigne du partenaire) fait passer d'une identification conjugale, inscrite dans la culture commune que l'on a construire, à une identification plus personnelle.

Les petites crises déclenchées par un agacement sont-elles un mauvais signe pour le couple ?

Il est impossible de ne jamais être agacé puisque le choc des microcultures individuelles est omniprésent, chaque jour, dans tous les couples.

Les couples qui pensent ne jamais être agacés ont cette impression car ils réagissent par un refoulement systématique avant même que les agacements émergent.

Le refoulement est l'une des très nombreuses techniques utilisées pour empêcher que les petites crises s'élargissent et deviennent dangereuses pour le couple.

Quand le refoulement ne suffit pas, la tactique consiste souvent à s'éloigner de ce qui a provoqué l'agacement. Détourner le regard, changer de pièce, ou même bouder.

Après le premier temps tactique de la résolution des crises (consistant à faire baisser la pression intérieure), il faut reprendre le chemin qui mène vers l'être aimé.

La crise met à l'épreuve le sentiment amoureux et le désir de vivre ensemble, qui doivent être reconstituer et réaffirmés pour en sortir.

Chaque couple a un style qui lui est propre, les uns fonctionnant au silence et au refoulement, les autres de façon plus expressive et cyclique, entre pics et retrouvailles enflammées.

L'important est de comprendre que ce n'est jamais l'intensité d'un pic de crise qui pose problème, mais la difficulté à revenir ensuite vers le partenaire. C'est dans la capacité à sortir de la crise que l'on constate, ou non, qu'un amour est toujours vivant.