Education et rôle des parents


Selon  Le Petit Larousse de la Psychologie dirigé par Michel Guillemot et Bethsabée Blumel, un enfant vient au monde infiniment démuni. Il est riche d'une infinité de potentialités, mais incapable de survivre seul, ni même de retrouver les gestes élémentaires de la famille humaine.

Un enfant, sans environnement éducatif, s'il survit grâce à une aide matérielle, ne saura rien de ce qui fait un homme.
Si l'homme se caractérise par le fait qu'il peut apprendre, le revers de la médaille est qu'il doit tout apprendre.
Seules quelques caractéristiques physiques élémentaires sont fixées à sa naissance ; pour le reste tout dépendra de l'éducation qu'il va recevoir et, plus tard, des décisions qu'il va prendre librement. Ainsi, ce qu'il deviendra dépend de nous, de la manière dont nous l'armerons pour la vie, et, de sa liberté propre.

Nous devons transmettre à l'enfant les éléments qui pourront lui permettre d'entrer dans la « maison » qui l'accueille et, en même temps, l'aider à trouver la volonté et le courage nécessaires pour réussir à se faire, comme le disait le grand pédagogue suisse J. Pestalozzi, « oeuvre de lui-même ».

Cette double responsabilité est en soi une contradiction, puisqu'il nous faut tout à la fois inculquer et libérer, inscrire dans un contexte social donné et permettre de le subvertir. C'est sans doute la raison pour laquelle Freud disait de l'éducation qu'elle est un « métier impossible ».

Quand l'enfant arrive, le monde est déjà là et il revient à l'adulte d'accompagner ce nouveau venu dans un univers déjà ancien qui a ses règles, ses coutumes et ses expériences accumulées. Nous avons là une tâche d'intégration dans le domus (maison). L'enfant devra se soumettre aux règles de ceux qui l'accueillent, respecter les rites et les horaires, acquérir les codes, apprendre la langue, etc... 
C'est de notre responsabilité d'en faire un « être social ».

Au delà de cette transmission de codes sociaux, il y a la transmission de notre histoire.
Pour grandir, il faut pouvoir « prendre racine », savoir d'où l'on vient, qui étaient ceux qui nous ont précédés, comment ils ont vécu, quels ont été leurs problèmes et quelles ont été leurs valeurs.
Nous ne pouvons vivre, penser et créer quelque chose de neuf que si nous avons intégré l'histoire de nos parents et de nos ancêtres, si elle nous a fourni les clés nécessaires à la lecture de notre environnement, à la compréhension des comportements de nos proches, à l'interprétation des événements de la société dans laquelle nous vivons.
Nous ne pouvons affronter le monde que si nous nous appuyons sur des "productions culturelles" qui nous permettent de rencontrer et d'apprivoiser les espoirs et les peurs, les emballements et les inquiétudes de ceux qui nous ont précédés... toutes ses traces laissées par nos prédécesseurs et grâce auxquelles nous nous sentons un peu moins seuls, un peu mieux armées pour faire face aux angoisses et aux difficultés que nous rencontrons.